République Centrafricaine

Certaines pages sont en cours de réalisation... Nous vous présentons toutes nos excuses...

LE PARADIS EST ENTRE MATIERE GRISE ET MATIERE PREMIERE... PERSONNE NE CONNAÎT LE CIEL

Pour être respecté, il faut être respectacle. C'est un village minier du sud-est de la République centrafricaine qui a été investi par les ''milices aux âmes faibles''. Ventre affamé n'a point d'oreilles, même, si c'est à 850 km au sud-est de la capitale, Bangui.
Depuis des années, les Nations unies  ne parviennent pas à  stabiliser la République Centrafricaine.  La Minusca s'est rendue sur place pour dresser un état des lieux, mais, plus un seul africain ne croit à cette Minusca (mais, il faut avouer, qu'il y a encore quelques âmes faibles (en armes). 

La population a fui dans la brousse aux alentours du village. Kenneth Gluck, qui dit continuer de privilégier « la voie du dialogue », en « appelle » au bon sens : « Notre priorité à court terme, c'est d'assurer la sécurité et le bien-être des déplacés. Et bien sûr, d'assurer que cette activité menaçante et déstabilisatrice du FPRC ne s'étende pas à d'autres zones. » Ne parle-t-il pas à lui-même, même s'il est formel?!... 
Les ex-Seleka du FPRC ont attaqué un village civil, « ce qui peut être considéré comme un crime de guerre ». « Il y aura une prise de décision dans les semaines à venir : que peut-on faire pour demander l'expulsion du FPRC ? S'il y a besoin de prendre des mesures militaires, ça reste une possibilité aussi », prévient-il. 
Mais, en réalité toute l'Afrique Centrale n'en veut plus et reste discrète dans ses
actions / réactions ! 
Qui croit a-t-elle besoin de l'humanitaire, avec tant de richesse???...

LA RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE VA ENFIN JOUIR DE SES RICHESSES

Re publique centrafricaine toute l afrique veille sur nous de sormais

 

LA RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE... Maintenant !

Touadera poutine

Depuis mercredi,  Faustin Archange Touadéra est en Russie. Le président centrafricain a été reçu par Vladimir Poutine et participe au Forum économique de St Petersbourg. Depuis 8 mois, la Centrafrique et la Russie se sont engagées dans une coopération d'abord militaire puis politique et désormais économique.

En recevant le président centrafricain mercredi 23 mai, Vladimir Poutine a annoncé la couleur. « Nous serons heureux d'envisager divers projets pour renforcer nos relations, en premier lieu dans les domaines économique et humanitaire, y compris dans la formation de personnels », a déclaré le président russe, Faustin Archange Touadéra vantant pour sa part « l'immense potentiel » de son pays.

 

 

VAINCRE SANS VIOLENCE, L'INTELLIGENCE EST AU-DESSUS DE LA VIOLENCE

République centrafricaine : plus de mille personnes toujours à la recherche de leurs proches

République centrafricaine : plus de mille personnes toujours à la recherche de leurs proches

Des délégués du CICR et des volontaires de la Croix Rouge Centrafricaine travaillent ensemble à enregistrer des demandes de recherches de personnes qui ont été séparées de leur famille à cause du conflit. CC BY-NC-ND/CICR/Faustin Israel Mbango

Dans l'ouest de la République centrafricaine, la dispersion des familles est l'une des conséquences dramatiques du conflit armé. Fuyant les violences et les exactions, des milliers de personnes ont trouvé refuge dans les pays voisins ou sur un des sites de déplacés à l'intérieur du pays, lorsqu'elles ne se sont pas retrouvées bloquées dans leurs villages ou quartiers respectifs. Beaucoup d'entre elles, adultes et enfants, sont sans nouvelles de leurs proches.

« Dans cette partie du pays, très peu de familles ont été épargnées par la souffrance de la séparation et la douleur de se retrouver sans nouvelle d'un être cher. De nombreux enfants n'attendent qu'une seule chose : de pouvoir retrouver au plus vite leurs parents », souligne Scott Doucet, chef de la sous-délégation du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) pour l'ouest de la République centrafricaine. Les régions les plus touchées par cette problématique sont les préfectures de l'Ouham, l'Ouham-Pendé, la Nana-Mambéré et la Mambéré-Kadeï ainsi que les villes de Yaloké, Carnot, Berberati et Boda.

Une équipe du CICR réhabilite un pont, qui relie Markounda au village voisin, afin de permettre l'acheminement de l'assistance. CC BY-NC-ND/CICR/Elena Aranz Aranz

En dépit de défis logistiques et sécuritaires, les équipes du CICR et de la Croix-Rouge centrafricaine, ainsi que celles des Sociétés nationales de la Croix-Rouge des pays limitrophes, mettent tout en œuvre pour retrouver les proches portés disparus et faciliter dans la mesure du possible les contacts entre les membres des familles dispersées.

Au cours de la dernière année, le sort de près de 350 personnes a ainsi pu être élucidé, plus de 250 messages Croix-Rouge ont été collectés et près de 150 autres distribués, et plus de 200 appels téléphoniques ont été facilités, permettant ainsi à de nombreuses personnes d'échanger des nouvelles avec leurs proches. Les recherches menées ont en outre permis au CICR de réunir 16 personnes avec leurs familles.

Malgré ces résultats positifs, plus d'un millier de personnes sont toujours sans nouvelles de leurs proches. « L'angoisse est palpable sur le visage de ceux qui ont perdu la trace d'un proche. Mais le plus souvent, le simple fait de recevoir un message Croix-Rouge ou d'entendre au téléphone la voix de la personne qu'ils croyaient morte leur procure un immense soulagement », ajoute Scott Doucet.

En vue de renforcer leurs capacités dans le domaine du rétablissement des liens familiaux, 12 volontaires de la Croix-Rouge centrafricaine venus de Boda et ses environs ont participé fin mai à une formation sur le sujet.

Au-delà de la problématique des familles dispersées, les populations qui vivent dans l'ouest de la République centrafricaine font face à de nombreux autres défis. Elles doivent lutter au quotidien pour se procurer de la nourriture, des biens de première nécessité, un abri, des soins médicaux de base, de l'eau potable, des semences et outils pour reprendre une activité agricole ou pour donner une éducation à leurs enfants. Ces personnes ont cruellement besoin que les autorités et la communauté humanitaire leur accordent davantage d'attention.

Le CICR distribue des semences et outils agricoles à la population de Markounda. CC BY-NC-ND/CICR/René Claude Gonoporo

En avril et mai 2015, sur l'ensemble du territoire du pays, le CICR, en collaboration avec les volontaires de la Croix-Rouge centrafricaine, a :

  • réalisé plus de 200 interventions chirurgicales et près de 940 consultations d'urgence à l'hôpital communautaire de Bangui, et admis près de 480 personnes à l'hôpital communautaire de Bangui et à l'hôpital préfectoral de Kaga Bandoro ;
  • assuré près de 4 530 consultations curatives et 680 consultations prénatales, administré plus de 310 doses de vaccin à des enfants de 0 à 12 ans et à des femmes en âge de procréer dans les centres de santé de Dissikou et Ouandago (préfecture de la Nana-Grébizi), et orienté une trentaine de patients vers l'hôpital préfectoral de Kaga Bandoro ;
  • traité plus de 920 malades atteints de paludisme à Birao et formé 30 conducteurs de taxi-motos à Bangui aux « gestes qui sauvent » ;
  • réuni 13 enfants avec leurs familles, dont 11 rapatriés du Tchad ;
  • remis des semences vivrières et maraichères, ainsi que des outils agricoles, à près de 10 000 familles de retour chez elles et plus de 300 familles résidentes dans les préfectures de l'Ouham, la Ouaka et la Nana-Grébizi, ainsi qu'une demi-ration mensuelle de vivres à plus de 2 500 personnes déplacées sur l'axe Bambari-Ippy, dans la préfecture de la Ouaka ;
  • fourni de l'eau potable à plus de 15 000 personnes déplacées sur le site de l'aéroport de Bangui-Mpoko et assuré l'approvisionnement quotidien en eau potable de 10 000 habitants, de 10 000 déplacés et de l'hôpital de la ville à Ndélé ainsi que de l'hôpital universitaire de Bambari et de 18 000 déplacés à Kaga Bandoro ;
  • construit 30 latrines sur deux sites de déplacés et animé des séances de sensibilisation à l'hygiène pour 15 000 déplacés à Kaga Bandoro ;
  • fourni à la SODECA (Société de distribution d'eau en Centrafrique) 90 tonnes de sulfate d'aluminium, 15 tonnes d'hypochlorite de calcium et 6 tonnes de chaux éteinte pour traiter l'eau consommée par la population de Bangui ;
  • sensibilisé aux activités de la Croix-Rouge près de 450 élèves de Bangui et 80 membres des autorités, leaders communautaires et représentants des associations de Birao ;
  • sensibilisé une centaine de porteurs d'armes actifs dans les régions de Kaga Bandoro et Moyenne Sido aux règles de base du droit international humanitaire ;
  • formé 150 éléments des forces armées centrafricaines aux règles de base du droit international humanitaire ;

Par ailleurs, les délégués du CICR ont visité plus de 800 personnes détenues dans neuf lieux de détention.

Vivre ensemble

CENTRAFRIQUE: GUERRE FROIDE FRANCO-RUSSE - 4 - CHOSES À SAVOIR SUR LE CONFLIT EN RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE...

1. La guerre en cours a entraîné une crise humanitaire prolongée en République centrafricaine (RCA), créant de graves problèmes de santé parmi la population
Après la guerre civile meurtrière de 2013-2014, la République centrafricaine a connu une période de calme relatif. Cependant, les tensions entre les groupes armés, plus nombreux aujourd’hui, ont explosé à la fin de l'année 2016, plongeant le pays dans une nouvelle spirale de violence. Le conflit s'est développé tout au long de 2017 et jusqu'en 2018 sous la forme d'attaques violentes dans plusieurs régions, avec pour conséquences des besoins de santé criants pour la population : Bangui, Ouogo, Bambari, Kabo...

2. Les groupes armés contrôlent 70% du pays et un grand nombre de blessés ont peu de possibilités de traitement
Certains blessés sont transférés vers la capitale Bangui pour y être soignés faute d'installations spécialisées ailleurs dans le pays. Jean-Noël a reçu une balle dans la jambe gauche et est venu à Bangui pour être soigné : «Nous étions dans les champs et récoltions le manioc. Une milice est arrivée dans notre village, Ouogo. Ils nous ont entourés et nous ont tiré dessus». Sa vie a été sauvée, mais il a perdu sa jambe. Pour Jean-Noël et beaucoup d'autres, la violence dans le pays a entraîné des blessures qui ont bouleversé leur vie. Tous ne seront pas en mesure d'accéder aux soins de santé dont ils ont besoin, avec, dans de nombreuses régions, des populations inaccessibles en raison du conflit en cours.

3. Les femmes et les enfants, déjà un groupe vulnérable en période de conflit, font face à des défis toujours plus grands
Même pour ceux qui ne sont pas directement blessés dans un conflit, la violence a eu un impact direct sur l'accès aux soins médicaux, à la nourriture, à l'eau, au logement et à l'éducation. «Une mère peut avoir entre 7 et 10 enfants», explique Adèle Priska Yazando, sage-femme du projet de Médecins Sans Frontières à l'hôpital Castor de Bangui. «Elle n'a pas assez d'argent pour payer les soins prénataux, ni les moyens de prendre soin d'elle-même et de la santé de son bébé. C’est pour cela que nous recevons des patients avec des complications».

Le conflit en République centrafricaine, capitale de Bangui - 2018

4. Dans de nombreuses régions, les structures de santé soutenues par MSF sont le seul endroit où les personnes peuvent se faire soigner gratuitement
À Kabo et à Bambari, par exemple, dans le nord et le sud de la République centrafricaine, les hôpitaux soutenus par MSF sont les seuls endroits à offrir un traitement aux personnes blessées par balles. En mars, Bambari a connu un épisode particulièrement violent, les équipes recevant 14 patients blessés par balle en une soirée. Mais d'autres régions sont inaccessibles à ceux qui fournissent des soins de santé, et les personnes touchées par le conflit n'ont pas les ressources nécessaires pour payer les traitements et les médicaments.

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16 AVR. 2018 PAR JOSEPH AKOUISSONNE
Depuis que les armes et les soldats russes ont débarqués en Centrafrique à la demande du Président Touadera . Rien ne va plus entre la France et son ex-colonie. Le Président français Emmanuel Macron boude son homologue Centrafricain. Un air de guerre froide flotte sur le Centrafrique.Français et Russes s'épient. Pendant ce temps le pays est plongé dans un chaos sanglant.

GUERRE FROIDE FRANCO-RUSSE ?

FRANÇAIS ET RUSSES S’ÉPIENT

          Depuis la livraison d’armes et l’envoi de soldats russes en Centrafrique, chasse gardée de la France, l’humeur de l’ancienne puissance coloniale a viré à l’aigre.

          Son exaspération est montée d’un cran quand on a appris que les Russes et leur arsenal s’installaient à Béréngo, le « Versailles » de l’ex- Empereur Bokassa ! Pour l’Hexagone, l’intrusion des Russes sur ce territoire, symbole de la Françafrique, est une véritable provocation.

          Quelle coïncidence ! Au moment même où l’Occident et la Russie semblent déterrer la hache de la guerre froide, Français et Russes vont s’épier en Centrafrique. Ce pays exsangue, devenu un champ de bataille généralisé, avait-il besoin que l’Ouest et l’Est y importent leurs conflits ? La Centrafrique, pays souverain, doit-elle demander à Paris la permission de nouer des relations avec d’autres nations ?

          Surtout que la France et les puissances étrangères se sont montrées incapables d’arrêter les massacres et de ramener la paix en Centrafrique. L’embargo sur les armes à destination de la RCA a considérablement affaibli les FACAS (Forces Armées Centrafricaines), alors que les rebelles, eux, continuent à s’équiper grâce au trafic de matières premières et avec la complicité du Tchad, du Soudan et d’autres pays limitrophes.

          Il est donc légitime que les autorités cherchent des assistances ailleurs, pour rendre leur armée opérationnelle, afin de combattre les ex-Sélékas qui, rappelons-le, occupent 80% du territoire et menacent à nouveau de prendre le pouvoir à Bangui.

MAUVAISE HUMEUR DE LA FRANCE

          Le président Emmanuel Macron semble tourner le dos à la République Centrafricaine - ce que l’on peut sentir malgré le voile diplomatique que l’on tente de jeter sur ses manifestations de mauvaise humeur envers son homologue centrafricain.

          Les exemples abondent : n’a-t-il pas refusé de recevoir le président centrafricain en audience récemment ? Il s’est déplacé en Afrique de l’Ouest, au Mali en particulier, mais il ne s’est pas rendu à Bangui. Pourtant, la situation y est plus catastrophique. L’armée française est impliquée sur le territoire centrafricain depuis l’indépendance, mais il semble que plus aucun officiel français n’évoque encore la tragédie qui s’y déroule.

          Pendant le quinquennat de François Hollande, le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, s’était, plusieurs fois, rendu à Bangui. Le président aussi.

          Depuis la réduction drastique de la force Sangaris, le gouvernement français donne l’impression de reprocher beaucoup de choses aux dirigeants centrafricains. La principale, c’est d’avoir fait appel aux Russes. La question, lancinante, interpelle : « Le président français s’est-il définitivement brouillé avec son homologue centrafricain ? »

          Mais nous savons bien qu’il ne faut pas se mentir : pendant encore un certain temps, la RCA restera le symbole de la Françafrique, une chasse gardée. Rien ne pourra se décider en Centrafrique sans que l’ancienne puissance coloniale ne donne son aval.

          A cela, il faut ajouter l’incompétence des dirigeants, leur tendance à piller les caisses de l’État, leur penchant au despotisme et à la corruption – et, surtout, leur manque flagrant de patriotisme, qui plombe l’honneur du pays.

 « TOUS ENSEMBLE » COMME LE DISAIT BARTHÉLEMY BOGANDA

          Il faut absolument tout faire pour réunir à nouveau les Centrafricains dans la fraternité. Mais voilà ! A cause des manipulations de puissances étrangères, des fractures se sont produites dans le tissu social centrafricain. Des fractures profondes et difficiles à ressouder.

          Il faudra donc beaucoup de bonne volonté pour ramener la sérénité entre les Centrafricains de toutes les confessions : catholique, protestante, musulmane, animiste. Rappelons-nous qu’il fut un temps où l’harmonie était de mise sur la terre des Bantous. Est-ce qu’on ne peut pas espérer que les Centrafricains se réconcilient et retrouvent le chemin de la paix ?

          Il faut, « tous ensemble », arriver à isoler les chefs des bandes armées et les contraindre à déposer les armes sans conditions...

 

L’axe routier bitumé Ayos-Bonis, long de 191 kilomètres a été inauguré le 24 août 2012 par le Premier ministre camerounais, Philemon Yang. Ce réseau routier facilitera davantage le trafic entre le Cameroun, le Tchad et la République centrafricaine. Car la RCA, pays enclavé, se ravitaille en grande partie en produits de première nécessité auprès de ses voisins du Cameroun et du Congo. Ayos-Bognis, de par son mauvais état, était en effet l’un des tronçons qui, jusqu’ici, était considéré par les transporteurs nationaux sous-régionaux comme une course d’obstacles. Soulignons que dans les politiques d’intégration au sein de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), il est présenté comme un corridor conventionnel entre Douala (Cameroun) et N’Djamena (Tchad), et entre Douala etBangui (RCA).

Trois axes majeurs sont prévus pour cette connexion. Après le premier, le second axe devra relier le Cameroun au Nigeria et un troisième partira du Cameroun vers le Congo Brazzaville. Pour ce qui est des échéances, il est prévu que les travaux prennent fin en 2017 et le cout global de construction pour le réseau est évalué à 300 millions d’euros. Ce réseau présente un intérêt particulier pour les pays enclavés tels que la République centrafricaine ou le Tchad. En effet elle permettra à ces pays d’évacuer plus rapidement leurs produits vers les autres continents à travers les ports des voisins (le Cameroun et le Congo Brazza) ayant accès à l’Atlantic. Par ailleurs il faut également considérer les échanges commerciaux entre ces pays ou encore les mouvements humains qui se feront dans des meilleurs conditions. Aussi une grande partie du pétrole et des produits de consommation des pays d’Afrique proviennent d’Europe...

Centrafrique, la Russie va-t-elle vraiment supplanter la France? 

Moscou vient de signer des accords de coopération militaire avec le Burkina Faso et la Centrafrique. Un renforcement de la présence russe sur le continent africain, en pleine crise régionale et internationale, qui divise les analystes: diversification bienvenue des soutiens ou tentative de mainmise de Moscou sur la région?
«Un partenaire prometteur sur le continent africain,» déclarait le 21 août le ministre russe de la Défense, à propos de la Centrafrique. En marge du forum militaire Armée 2018, qui ouvrait ses portes le 21 août à Koubinka, dans la région de Moscou, Sergueï Choïgou a ainsi annoncé avoir signé un accord intergouvernemental avec son homologue centrafricaine, Marie-Noëlle Koyara.

_ Un accord visant à «renforcer les liens dans le domaine de la défense», a précisé le ministre russe, avec notamment la formation de membres des Forces armées centrafricaines (FACA) dans des instituts militaires russes. Le même jour, un accord similaire était signé avec le Burkina Faso.

Centrafrique

Centrafrique: stabilisation russe contre chaos français
La signature de cet accord avec Bangui n'a pas surpris les analystes. Il faut dire que depuis le début d'année, la Russie a déployé cinq officiers militaires et 170 instructeurs civils en Centrafrique afin d'y entraîner les forces armées nationales. Un déploiement qui fait suite à une livraison d'armes. Par ailleurs, depuis la mi-mars, des soldats russes assurent la protection du Président Faustin-Archange Touadéra.
Pour autant, certains mettent en garde contre ce renforcement des liens entre la Russie et d'anciennes colonies françaises. Ils soulignent la porte ouverte aux intérêts économiques russes que représentent ces accords de coopération militaire, rappelant aussi les opérations subversives orchestrées par Moscou, du temps de l'URSS, au cœur des pays non alignés.

La Russie viserait-t-elle ainsi à supplanter la France dans son pré carré africain?

La réponse est clairement «non» pour Emmanuel Dupuy, Président de l'Institut Prospective et Sécurité en Europe (IPSE), qui salue une diversification des acteurs dans le domaine sécuritaire, dans un pays encore en proie à l'instabilité. Il rappelle que les forces françaises, déployées dans le cadre de l'opération Sangaris, l'ont été, suite à une résolution onusienne en décembre 2013 et se sont retirées en octobre 2016, après avoir rempli leur mission de contenir les violences intercommunautaires et de rétablir la sécurité, suite aux violences nées de la prise de pouvoir par les rebelles de la Seleka en mars 2013.

«La Russie contribue, comme d'autres nations avant elle à la formation et l'entraînement des forces armées centrafricaines, d'autant plus que c'est là une mission qui est induite par la résolution onusienne 2149 du 10 avril 2014 qui créée la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la Stabilisation en RCA (Minusca).»

Le Président de l'IPSE rappelle d'ailleurs que la France ne s'était pas opposée aux livraisons d'armes russes à Bangui. En effet, alors que la Centrafrique est sous embargo de l'ONU depuis 2013, le Conseil de Sécurité ne s'est pas opposé à la demande de dérogation présentée par la Russie, en décembre 2017 et en janvier 2018, contrairement à la proposition de fourniture d'armes formulée en juin dernier par la Chine «là, cette fois-ci, les Nations Unies ont souhaité lever tous les doutes liés à la proposition de la société d'état chinoise Poly technologies de livraison d'armes létales et non létales, avant d‘autoriser ce "don" proposé par Beijing,» insiste le Président de l'IPSE.

La Centrafrique à travers les yeux des Russes: «C'est inimaginable au XXIe siècle»
La Centrafrique à travers les yeux des Russes: «C'est inimaginable au XXIe siècle»
Une bonne entente au sujet d'un pays en crise en faveur de laquelle plaide également l'historien Philippe Evanno, président de l'Institut de prospective africaine (IPA). Ce dernier s'oppose à une possible «crispation française» à l'encontre de cette présence russe sur le sol de la République de Centrafrique.
«On peut très bien, aussi envisager que dans l'avenir, les choses se passent bien entre la France et la Russie sur ce pays. Ce serait la meilleure des solutions et cela simplifierait énormément les choses pour la suite.»
_ Ce spécialiste de l'Afrique est cependant plus critique quant au rôle de la France et au résultat de l'opération militaire française. Selon lui, «les Centrafricains ont été très déçus de l'incapacité française lors de l'opération Sangaris à remplir sa mission» et l'absence de ligne claire de Paris dans la crise centrafricaine ne serait pas étrangère au rapprochement entre Bangui et Moscou...

LA RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE AVANT _ FLASHBACK...

Catherine Samba Panza   
Présidente de la République Centrafricaine

Une «maire courage» pour réconcilier les enfants de la République centrafricaine
L'actuelle maire de Bangui, Catherine Samba Panza, 59 ans, a été élue lundi par le Parlement au poste de présidente de transition. Elle a devancé Désiré Kolingba, le fils de l'ancien président André Kolingba, et devient la première femme centrafricaine à accéder au rang de chef de l'État. Cinq choses à savoir sur elle.
_ Elle fut parmi les premiers candidats déclarés au poste de président de la transition. L'actuelle maire de Bangui Catherine Samba Panza, 59 ans, a été élue au rang de chef de l'État par le Conseil national de transition, lundi 20 janvier. Cette femme d'affaires, mère de trois enfants, a devancé Désiré Kolingba. Elle a obtenu 75 voix contre 53 pour le fils de l'ancien président André Kolingba (1981-1993).
Prenant la parole devant les parlementaires dès son élection, la maire de Bangui - première femme de l'histoire de Centrafrique à accéder à ce poste - a lancé un appel vibrant à renoncer aux armes. "Je lance un appel vibrant à mes enfants anti-balaka (miliciens chrétiens) qui m'écoutent. Manifestez votre adhésion à ma nomination en donnant un signal fort de dépôt des armes", a-telle déclaré. Avant d'ajouter : "À mes enfants ex-Séléka qui m'écoutent aussi, déposez vos armes".
_ Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a félicité Mme Samba Panza et a souhaité que cette élection "soit une opportunité de relancer le processus de transition".
"On est hyper contentes! on a fait un bon choix, un très très bon choix", s'est réjouie une déléguée du CNT, Rose Yodoma, entourée d'autres femmes.
Le président français François Hollande, qui joue un rôle moteur dans la mobilisation de la communauté internationale sur la crise en Centrafrique - ancienne colonie française - l'a fécilitée après l'élection, lui assurant que "la France se tient à ses côtés dans cette tâche difficile". Mme Samba Panza est "une femme tout à fait remarquable", a renchéri le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, qui a dit souhaiter lui rendre visite "très prochainement".
_ Saura-t-elle mener son pays sur la voie de la paix ? "À compter de ce jour, je suis la présidente de tous les Centrafricains sans exclusive", a-t-elle assuré avec détermination. Mais qui est vraiment cette femme de 58 ans au passé associatif bien fourni ? Réponse en cinq points.
_ Femme d'affaires
De père camerounais et de mère centrafricaine (Sud-Est), Catherine Samba Panza est née à Fort-Lamy (aujourd'hui N'Djamena), au Tchad, le 26 juin 1956. Elle grandit à Bangui avant d'entamer des études de droit en France. Elle obtient plusieurs diplômes à Paris : une licence en sciences de l’information et de la communication et un diplôme d’études supérieures spécialisées (DESS) en droit des assurances obtenus à l’Université de Paris II – Assas. Dans les années 1990, Catherine Samba Panza revient à Bangui pour intégrer la filiale en Centrafrique du groupe Allianz. Elle se lance ensuite dans les affaires et fonde sa propre société de courtage en assurances.
_ CV associatif bien rempli
Avocate de formation, Catherine Samba Panza a milité au sein de l'association des femmes juristes de Centrafrique (AFJC). L'AFJC est spécialisée dans la lutte contre les mutilations génitales et toutes autres formes de violences dont les femmes sont victimes en Centrafrique. Formatrice en droits de l’homme du programme Afrique d'Amnesty International, elle a sillonné plusieurs pays de la région des Grands Lacs à la rencontre de nombreuses ONG.
_ Dialogue national
En 2003, Catherine Samba Panza co-préside le dialogue national organisé peu de temps après le coup d'État de François Bozizé. Elle est ensuite élue président du comité chargé du suivi et de l’évaluation périodique de l’application des recommandations issues de ce dialogue.
_ Maire de Bangui
En mai 2013, lorsqu'elle devient la 37e maire de Bangui, cela fait près de deux mois que la Séléka a renversé le régime du président François Bozizé. Nommée par le nouveau régime, elle prend en main une ville à l'arrêt, minée par les pillages et les exactions.
Le 15 novembre, elle participe à l’assemblée générale de l’Association des maires francophones (AIMF). "François Hollande m’a saluée et confié 'Tenez bon', nous arrivons !", a-t-elle raconté. En décembre, elle a également effectué une tournée en France pour nouer des partenariats de développement.
_ Neutralité
C'est semble-t-il l'une des qualités qui ont séduit les parlementaires centrafricains. La maire de Bangui n'est affiliée à aucun grand parti politique. On ne lui prête pas non plus d'accointances particulières avec l'ancien régime de la Séléka. Son mari, Cyriaque Samba Panza est une personnalité politique reconnue. Il a été plusieurs fois ministre, notamment sous André Kolingba et François Bozizé.

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Date de dernière mise à jour : 2019-02-28