MALI : Culture et Littérature

AMINATA TRAORE : - Cessez de parler au nom de l'Afrique...

L afrique humilie aminata traore

 

 

Aminata Dramane traoré _

Aminata Dramane

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le succès de l’opération Serval au Nord-Mali en janvier 2013, quarante-neuvième intervention militaire de la France au Mali, a dépassé toutes les attentes. Ses soldats y ont été accueillis en libérateurs tandis que des intellectuels africains de renom, jusque-là peu suspects de complai­sance à l’égard de la Françafrique, se sont bruyamment réjouis de son action, jugée énergique et courageuse. On peut comprendre ce soulagement, car il était impératif de mettre hors d’état de nuire la coalition des responsables du sanglant chaos malien. Mais la haine envers ces derniers n’a-t-elle pas ramené un conflit complexe à une banale lutte entre le Bien et le Mal ? C’est à cette question que s’efforcent de répondre Aminata Dramane Traoré et Boubacar Boris Diop dans un échange de lettres stimulant et franc… La Gloire des imposteurs met en évidence une reprise en main néo-impériale de l’Afrique subsaharienne par une violente agression militaire se présentant comme une odyssée morale, généreuse et désintéressée. Mais, un an après, il y a lieu de se demander si, comme l’Amérique de Bush en Irak, la France n’a pas pavoisé  un peu tôt au Nord-Mali où elle est en train de s’embourber. Au-delà du Mali, véritable cas d’école, les deux auteurs partagent leurs réflexions sur l’énigmatique printemps arabe et sur les guerres de l’Occident hors de ses frontières, en particulier en Afrique – Côte d’Ivoire, Libye... Et chaque conflit leur offre l’occasion de mettre à nu les mécanismes de la même triomphante imposture.

AMINATA TRAORÉ

Aminata Dramane Traoré est une femme politique et écrivaine malienne, née à Bamako dans une famille modeste de douze enfants. Elle a étudié en France à l'université de Caen. Titulaire d'un doctorat de 3e cycle en psychologie sociale et d'un diplôme de psychopathologie... Chercheuse en sciences sociales, elle a enseigné à l'Institut d'ethnosociologie de l'université d'Abidjan (Côte d'Ivoire) et travaillé pour plusieurs organisations régionales et internationales. Nommée ministre de la Culture et Tourisme sous la présidence d'Alpha Oumar Konaré entre 1997 et 2000, elle a démissionné pour ne plus être tenue de son devoir de réserve.Aminata Dramane Traoré est aussi chef d'entreprise au Mali.

Mali manifestations a repetition contre les forces francaises barkhane a kidal

Des habitants de Kidal, au Mali, ont manifesté à plusieurs reprises depuis vendredi pour demander le départ des troupes françaises du Mali.

Des habitants de Kidal, dans le nord-est du Mali, ont manifesté lundi, pour la troisième fois depuis vendredi, pour réclamer le départ de la force française Barkhane de cette ville contrôlée par d'anciens rebelles touareg, ont indiqué des témoins. "Nous avons manifesté et nous continuerons de manifester parce que les troupes françaises doivent dégager", a déclaré l'un des organisateurs de la manifestation, Ali Ag Mahmoud. "Elles n'ont rien à faire ici au Mali, le Mali n'est pas la France...

"Barkhane dégage". Les militaires de Barkhane "sont effectivement récemment intervenus dans une maison privée, fortement soupçonnée d'appartenir à un présumé trafiquant, présumé proche des djihadistes. Ça n'a pas plu à la population". La manifestation de lundi fait suite à d'autres rassemblements, qui s'étaient déroulés vendredi et dimanche dans ce fief des ex-rebelles touareg. On pouvait lire "Barkhane dégage" et "Quittez Kidal" sur des calicots et banderoles déployés vendredi, selon des témoins...

 

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Soundiata Kéïta ou La charte du Mandé :

Inscrite depuis 2009 par l'UNESCO au patrimoine immatériel de l'Humanité,  la valeur juridique et la portée universelle de la Charte du Mandé est confirmée.

La charte du Manden ou charte du Mandé, charte de Kouroukan Fouga , ou encore, en langue malinké, Manden Kalikan, est un texte oral, dont l'authenticité est approuvée par la grande institution internationale ‘‘UNESCO’’. Ce texte contemporain est issu  du règne de l'empereur Soundiata Keita  qui vécut de 1190 à 1255. Ce texte  aurait été solennellement proclamée le jour de l'intronisation de Soundiata Keïta comme empereur du Mali à la fin de l'année 1222. Il n'en existerait pas de trace écrite antérieure aux années 1960. La Charte qui est décrite ci-dessous provient des travaux de Wa Kamissoko, menés dans les années 1970.
Au même titre que la Magna Carta éditée en 1215 en Angleterre, ce texte est considéré comme l'une des plus anciennes références concernant les Droits fondamentaux. Pour cette raison, il est inscrit depuis 2009 par l'UNESCO au patrimoine immatériel de l'Humanité. Cette reconnaissance confirme la valeur juridique et la portée universelle de la Charte du Mandé.
Oeuvre de lettrés, ce texte en forme de serment nous est connu sous forme de deux versions, l'une datée de 1222 et comportant sept chapitres, l'autre datée de 1236 et comportant quarante-quatre articles.

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Ces deux versions ont été retranscrites à partir de travaux conduits depuis les années 1960 auprès des dépositaires de la mémoire africaine appartenant en particulier à la confrérie des chasseurs.... Cliquer

  la Charte du Mandé est confirmée

AMADOU HAMPÂTÉ BÂ

noire (IFAN) de Dakar grâce à la bienveillance de son directeur, le professeur Théodore

Amadou Hampâté Bâ
Toute ma vie, je me suis cherché sans me trouver. Je ne saurais me définir moi-même

Amadou Hampâté Bâ est un écrivain et ethnologue malien né à Bandiagara (Mali) en 1900 (ou 1901) et mort le 15 mai 1991 à Abidjan (Côte d’Ivoire).
Amadou Hampâté Bâ est né en janvier ou février 1900 ou 1901 à Bandiagara, chef-lieu du pays dogon et ancienne capitale de l’Empire toucouleur du Macina. Enfant de Hampâté Bâ et de Kadidja Pâté Poullo Diallo, il est descendant d’une famille peule noble. Après la mort de son père, il sera adopté par le second époux de sa mère, Tidjani Amadou Ali Thiam, de l’ethnie toucouleur. Il fréquente d’abord l’école coranique de Tierno Bokar, un dignitaire de la confrérie tidjaniyya, avant d’être réquisitionné d’office pour l’école française à Bandiagara puis à Djenné. En 1915, il se sauve pour rejoindre sa mère à Kati où il reprendra ses études.
En 1921, il refuse d’entrer à l’école normale de Gorée. À titre de punition, le gouverneur l’affecte à Ouagadougou, en qualité d’« écrivain temporaire à titre essentiellement précaire et révocable ». De 1922 à 1932, il occupe plusieurs postes dans l’administration coloniale en Haute-Volta (actuel Burkina Faso) puis jusqu’en 1942 à Bamako. En 1933, il obtient un congé de six mois qu’il passe auprès de Tierno Bokar, son maître spirituel.

En 1942, il est affecté à l’Institut français d’Afrique

Monod. Il y effectue des enquêtes ethnologiques et recueille les traditions orales. Il se consacrera notamment à une recherche de quinze ans qui le mènera à rédiger l’Empire peul du Macina. En 1951, il obtient une bourse de l’UNESCO lui permettant de se rendre à Paris et de rencontrer les milieux africanistes, notamment Marcel Griaule.
En 1960, à l’indépendance du Mali, il fonde l’Institut des sciences humaines à Bamako et représente son pays à la Conférence générale de l’UNESCO. En 1962, il est élu membre du Conseil exécutif de l’UNESCO. En 1966, il participe à l’élaboration d’un système unifié pour la transcription des langues africaines. En 1970 prend fin son mandat à l’UNESCO.
Amadou Hampâté Bâ se consacre alors entièrement à son travail de recherche et d’écriture. Les dernières années de sa vie, il les passera à Abidjan à classer ses archives accumulées durant sa vie sur les traditions orales d’Afrique de l’Ouest ainsi qu’à la rédaction des ses mémoires, Amkoullel l’enfant peul et Oui mon commandant !, qui seront publiés après sa mort le 15 mai 1991.

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Amadou Hampâté Bâ : LETTRE À LA JEUNESSE

Extrait de : "Lettres ouvertes à la jeunesse - Concours Dialogue des générations" organisé par l'ACCT (Agence deCoopération Culturelle et Technique) pour l'année "1985, Année internationale de la Jeunesse".

Mes chers cadets,

Celui qui vous parle est l'un des premiers nés du vingtième siècle. Il a donc vécu bien longtemps et, comme vous l'imaginez, vu et entendu beaucoup de choses de par le vaste monde. Il ne prétend pas pour autant être un maître en quoi que ce soit. Avant tout, il s'est voulu un éternel chercheur, un éternel élève, et aujourd'hui encore sa soif d'apprendre est aussi vive qu’aux premiers jours.Il a commencé par chercher en lui-même, se donnant beaucoup de peine pour se découvrir et bien se connaître, afin de pouvoir ensuite se reconnaître en son prochain et l'aimer en conséquence. Il souhaiterait que chacun de vous en fasse autant. Après cette quête difficile, il entreprit de nombreux voyages à travers le monde : Afrique, ProcheOrient, Europe, Amérique. En élève sans complexes ni préjugés, il sollicita l'enseignement de tous les maîtres et de tous les sages qu'il lui fut donné de rencontrer. Il se mit docilement à leur écoute. Il enregistra fidèlement leurs dires et analysa objectivement leurs leçons, afin de bien comprendre les différents aspects de leurs cultures et, par là même, les raisons de leur comportement. Bref, il s'efforça toujours de comprendre les hommes, car le grand problème de la vie, c'est la MUTUELLE COMPRÉHENSI0N. 0 Certes, qu'il s'agisse des individus, des nations, des races ou des cultures, nous sommes tous différents les uns des autres ; mais nous avons tous quelque chose de semblable aussi, et c'est cela qu'il faut chercher pour pouvoir se reconnaître en l'autre et dialoguer avec lui. Alors nos différences, au lieu de nous séparer, deviendront complémentarité et source d'enrichissement mutuel. De même que la beauté d'un tapis tient à la variété de ses couleurs, la diversité des hommes, des cultures et des civilisations fait la beauté et la richesse du monde. Combien ennuyeux et monotone serait un monde uniforme où tous les hommes, calqués sur un même modèle, penseraient et vivraient de la même façon ! N'ayant plus rien à découvrir chez les autres, comment s'enrichirait-on soi même ? A notre époque si grosse de menaces de toutes sortes, les hommes doivent mettre l'accent non plus sur ce qui les sépare, mais sur ce qu'ils ont de commun, dans le respect de l'identité de chacun. La rencontre et l'écoute de l'autre est toujours plus enrichissante, même pour l'épanouissement de sa propre identité, que les conflits ou les discussions stériles pour imposer son propre point de vue. Un vieux maître d'Afrique disait : il y a "ma" vérité et "ta" vérité, qui ne se rencontreront jamais. "LA" Vérité se trouve au milieu. Pour s'en approcher, chacun doit se dégager un peu de "sa" vérité pour faire un pas vers l'autre... Jeunes gens, derniers-nés du vingtième siècle, vous vivez à une époque à la fois effrayante par les menaces qu’elle fait peser sur l'humanité et passionnante par les possibilités qu'elle ouvre dans le domaine des connaissances et de la communication entre les hommes. La génération du vingt et unième siècle connaîtra une fantastique rencontre de races et d'idées. Selon la façon dont elle assimilera ce phénomène, elle assurera sa survie ou provoquera sa destruction par des conflits meurtriers. défricher vigoureusement le terrain et d'en arracher les cultures locales afin de pouvoir y semer à l'aise ses propres valeurs. Heureusement, grâce à l'action de chercheurs tant africains qu'européens, les opinions ont évolué en ce domaine et l'on reconnaît aujourd'hui que les cultures orales sont des sources authentiques de connaissances et de civilisation. La parole n'est-elle pas, de toute façon, mère de l'écrit, et ce dernier n'est-il pas autre chose qu'une sorte de photographie du savoir et de la pensée humaine ? Les peuples de race noire n'étant pas des peuples d'écriture ont développé l'art de la Parole d'une manière toute spéciale. Pour n'être pas écrite, leur littérature n'en est pas moins belle. Combien de poèmes, d'épopées, de récits historiques et chevaleresques, de contes didactiques, de mythes et de légendes au verbe admirable se sont ainsi transmis à travers les siècles, fidèlement portés par la mémoire prodigieuse des hommes de l'oralité, passionnément épris de beau langage et presque tous poètes ! De toute cette richesse littéraire en perpétuelle création, seule une petite partie a commencé d'être traduite et exploitée. Un vaste travail de récolte reste encore à faire auprès de ceux qui sont les derniers dépositaires de cet héritage ancestral, hélas en passe de disparaître. Quelle tâche exaltante pour ceux d'entre vous qui voudront s'y consacrer ! Mais la culture, ce n'est pas seulement la littérature orale ou écrite, c'est aussi et surtout un art de vivre, une façon particulière de se comporter vis-à-vis de soi-même, de ses semblables et de tout le milieu naturel ambiant. C'est une façon de comprendre la place et le rôle de l'homme au sein de la création. La civilisation traditionnelle (je parle surtout de l'Afrique de la savane au sud du Sahara, que je connais plus particulièrement) était avant tout une civilisation de responsabilité et de solidarité à  tous les niveaux.

En aucun cas un homme, quel qu’il soit, n'était isolé. Jamais on n'aurait laissé une femme, un enfant, un malade ou un vieillard vivre en marge de la société, comme une pièce détachée. On lui trouvait toujours une place au sein de la grande famille africaine, où même l'étranger de passage trouvait gîte et nourriture. L'esprit communautaire et le sens du partage présidaient à tous les rapports humains. Le plat de riz, si modeste fût-il, était ouvert à tous.   L'homme s'identifiait à sa parole, qui était sacrée. Le plus souvent, les conflits se réglaient  pacifiquement grâce à la "palabre" :  "Se réunir pour discuter,  dit l'adage, c’est mettre tout le  monde à l’aise et éviter la discorde". Les vieux, arbitres respectés, veillaient au maintien de la paix
dans le village. "Paix !", "La paix seulement !", sont les formules-clé de toutes les salutations  rituelles africaines. L'un des grands objectifs des initiations et des religions traditionnelles était  l'acquisition, par chaque individu, d'une totale maîtrise de soi et d'une paix intérieure sans laquelle il ne saurait y avoir de paix extérieure. C'est dans la paix et dans la paix seulement que l'homme peut construire et développer la société, alors que la guerre ruine en quelques jours ce que l'on a mis des siècles à bâtir ! L'homme était également considéré comme responsable de l'équilibre du monde naturel environnant. Il lui était interdit de couper un arbre sans raison, de tuer un animal sans motif valable. La terre n'était pas sa propriété, mais un dépôt sacré confié par le Créateur et dont il n'était que le gérant. Voilà une notion qui prend aujourd'hui toute sa signification si l'on songe à la légèreté avec laquelle les hommes de notre temps épuisent les richesses de la planète et détruisent ses équilibres naturels. 2 Certes, comme toute société humaine, la société africaine avait aussi ses tares, ses excès et ses faiblesses. C'est à vous, jeunes gens et jeunes filles, adultes de demain, qu'il appartiendra de laisser disparaître d'elles-mêmes les coutumes abusives, tout en sachant préserver les valeurs traditionnelles positives. La vie humaine est comme un grand arbre et chaque génération est comme un jardinier. Le bon jardinier n'est pas celui qui déracine, mais celui qui, le moment venu, sait élaguer les branches mortes et, au besoin, procéder judicieusement à des greffes utiles. Couper le tronc serait se suicider, renoncer à sa personnalité propre pour endosser artificiellement celle des autres, sans y parvenir jamais tout à fait. Là encore, souvenons-nous de l'adage : "Le morceau de bois a beaucoup séjourné dansl’eau, il flottera peut-être, mais jamais il ne deviendra caïman !" Soyez, jeunes gens, ce bon jardinier qui sait que, pour croître en hauteur et étendre ses branches  dans toutes les directions de l'espace, un arbre a besoin de profondes et puissantes racines. Ainsi, bien enracinés en vous-mêmes, vous pourrez sans crainte et sans dommage vous ouvrir vers l'extérieur, à la fois pour donner et pour recevoir. Pour ce vaste travail, deux outils vous sont indispensables : tout d'abord, l'approfondissement et la préservation de vos langues maternelles, véhicules irremplaçables de nos cultures spécifiques ; ensuite, la parfaite connaissance de la langue héritée de la colonisation (pour nous la langue française), tout aussi irremplaçable, non seulement pour permettre aux différentes ethnies africaines de communiquer entre elles et de mieux se connaître, mais aussi pour nous ouvrir sur  l'extérieur et nous permettre de dialoguer avec les cultures du monde entier.  Jeunes gens d'Afrique et du monde, le destin a voulu qu'en cette fin du vingtième siècle, à l'aube  d'une ère nouvelle, vous soyez comme un pont jeté entre deux mondes : celui du passé, où de vieilles civilisations n'aspirent qu'à vous léguer leurs trésors avant de disparaître, et celui de l'avenir, plein d'incertitudes et de difficultés, certes, mais riche aussi d'aventures nouvelles et d'expériences passionnantes. Il vous appartient de relever le défi et de faire en sorte qu'il y ait, non-rupture mutilante, mais continuation sereine et fécondation d'une époque par l'autre. Dans les tourbillons qui vous emporteront, souvenez-vous de nos vieilles valeurs de communauté, de solidarité et de partage. Et si vous avez la chance d'avoir un plat de riz, ne le mangez pas tout  seuls ! Si des conflits vous menacent, souvenez-vous des vertus du dialogue et de la palabre ! Et lorsque vous voudrez vous employer, au lieu de consacrer toutes vos énergies à des travaux  stériles et improductifs, pensez à revenir vers notre Mère la Terre, notre seule vraie richesse, et  donnez-lui tous vos soins afin que l'on puisse en tirer de quoi nourrir tous les hommes. Bref, soyez  au service de la Vie, sous tous ses aspects ! Certains d'entre vous diront peut-être : "C’est trop nous demander ! Une telle tâche nous dépasse !". Permettez au vieil homme que je suis de vous confier un secret : de même qu'il n'y a pas de "petit" incendie (tout dépend de la nature du combustible rencontré), il n'y a pas de petit effort. Tout effort compte, et l'on ne sait jamais, au départ, de quelle action apparemment modeste sortira l'événement qui changera la face deschoses. N'oubliez pas que le roi des arbres de la savane, le puissant et majestueux baobab, sort d'une graine qui, au départ, n'est pas plus grosse qu'un tout petit grain de café...

Amadou Hampâté Bâ, dans cette LETTRE À LA JEUNESSE, s'adresse à la toutes les jeunesses...

d’Aboubakar Fofana : La Charte du Mandé, trésor caché

La Charte du Mandé, trésor caché
La Charte du Mandé d’Aboubakar Fofana. Le Malien Aboubakar Fofana calligraphie " La Charte du Mandé ", déclaration politique et anti-esclavagiste transmis, depuis l’époque de Soudjata Keïta, parmi les confréries de chasseurs au Mali. Un texte fondateur et fédérateur.
 La très belle collection des Carnets du calligraphe (éditions Albin Michel) s’enrichit d’un nouvel ouvrage. La Charte du Mandé et autres traditions du Mali transporte le lecteur au siècle de Soundjata Keïta, fondeur de l’empire du Mali. Le document qui sert de base au livre a été traduit par l’ethnologue Youssouf Tata Cissé et part d’un récit transmis en 1965 par Fadjimba Kanté, le patriarche des forgerons de Téguè-Koro (120 km au sud de Bamako) et chef de la " confrérie des chasseurs " de cette localité. Ce texte est une déclaration, solennellement proclamée le jour de l’intronisation de Soudjata Keïta, à la fin de l’année 1222, et qui affirme l’opposition totale de la confrérie des chasseurs à l’esclavage. " Une seule action prévalait aux yeux de Soundjata Keïta et de ses compagnons : la lutte sans merci contre les esclavagistes d’où qu’ils viennent. Du coeur du Mandé au pied des falaises du pays dogon, et des Monts mandingues au Haut-Sénégal, des brigades volantes traquèrent sans répit les marchands d’esclaves. La lutte fut plus sanglante encore dans le Sahel contre les esclavagistes soninkés, maures et touaregs ", explique Youssouf Tata Cissé. le mariage, la noblesse d’âme, la fraternité, la nature... Tous sont illustrés par le calligraphe malien Aboubacar Fofana, arrivé en France à 12 ans, spécialiste de la calligraphie latine et passionné par la calligraphie japonaise. Il tisse au fil des pages des arrières-plans qui mélangent les matières et les couleurs. Quant aux signes qu’il a choisit, il précise : "La plupart des idéogrammes que je calligraphie dans ce livre sont ceux qu’utilisent à des fins essentiellement pédagogiques et religieuses les sociétés initiatiques du Mandé, particulièrement la société Komo". La Charte du Mandé, c’est encore lui qui en parle le mieux : La Charte du Mandé est un trésor, un trésor caché. (...) Un texte politique de première importance, porté depuis la nuit des temps par les confréries de chasseurs initiés.

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Ce texte met en formules des façons de faire toujours très présentes, la volonté de traiter par les mots et non par les coups les conflits qui naissent des passions humaines, une certaine tolérance dans l’expression de ces passions. Il est un patrimoine de l’humanité. " La Charte du Mandé et autres traditions du Mali, calligraphies de Aboubacar Fofana, Les Carnets du calligraphe, éditions Albin Michel.

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Date de dernière mise à jour : 2017-10-24